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La qualité de l'enseignement s'est-elle déteriorée?

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dimanche 20 mai 2012
 
 

Urbis et Orbis


Rennes, Rhin, Ran... Jaén, à prononcer "ra-én" ou "ha-én" selon l'accent. On raconte que les Jiennenses - habitants de Jaén - sont des roncadores (ronfleurs), c'est à dire que les J râclent tout le palais avant de sortir bien bas suivi d'une voyelle tout juste expirée. Jaén est une ville provinciale d'Andalousie, 116'000 habitants, juste assez pour qu'on ne l'appèle pas un grand village. Je m'y plaît, j'aime ma bourgade, et je suis content de ne pas être dans une de ces grandes villes où quand tu parles en castellano on te répond en anglais et où
t'entend plus parler italien et allemand qu'espagnol sur le campus.

Le campus est en?bas de la ville et donne directement sur cette plaine remplie de collines (si si c'est possible) qui s'étend jusqu'à Madrid, encore plus loin de la poussière que toussote Don Quijote en Castilla de la Mancha. De gros bâtments carrés, sauf le A3 qui ressemble à un ovni, rien de foufou mais des jardins entre les chemins, des palmiers qui s'épenchent sur le C3, des rayons de soleil obliques qui dorent le B4, et des châtaigniers le long du B3. Tu devrais venir voire de tes propres yeux ces édifices entourés de végétation brumeuse dans un de ces matins laiteux de novembre, ils méritent le détour.

Venir à l'université n'est pas un devoir, ni une obligation, et ici encore moins une habitude. Les espagnols étant assez fainéants, sachant qu'ils vont devoir remonter en ville à la fin des cours, ils préfèrent souvent ne pas descendre. Contrairement à ce que j'aurais pu lire de certains, ici le "sport" et les "associations" ne sont pas ancrée dans la mentalité. Règne la culture du "bistrot". Mais attention à ne pas mal l'interpréter, il ne s'agit pas de dire que les étudiants sont des incultes et ivrognes, mais les gens se retrouvent de manière informelle au marché, chez le coiffeur, au bistrot. Les parties de foot (¡des vrais fanatiques!) se regarde au bistrot, les déjeuners et les soupers se font au bistrot, les rencards se font au bistrot, les retrouvailles et les adieux aussi. Si tu veux du sport il faut allez lorgner du côté des étudiants étrangers, et pour les associations du côté de celle d'Erasmus.

Tarte aux pommes et relent de nationalisme

A l'occasion de l'ouverture des places de mobilité pour les étudiants espagnols il y a deux semaines, l'Université a organisé une journée dédiée à faire de la promotion de nos pays et universités respectifs. J'avoue ne pas avoir été enchanté, n'étant nullement patriote et encore moins un aficionado de ce genre de réunion, mais bon, qu'à cela ne tienne! Avec l'Autrichienne avec qui je partageait mon stand, nous avons préparé des apfel strudels histoire de rester dans les clichés, et même acheté du tobleron au Cortes Inglés (malgré les incitations d'un copain à faire une fondue). Nous avons donc passé la journée à nourrir des étudiants affamés qui n'étaient absolument pas interessés à venir dans un pays si froid et si cher... Tout ceci sur fond de relents de nationalisme qui émergaient derrière mes stands voisins. Heureusement que cette histoire ne s'est pas finie trop tard, et nous avons ainsi pu terminer tout le poisson séché des Islandais, la bière des Allemands, et le limoncello des Italiens!

"Il est des filles à Grenade, il en est à Séville aussi..."

Je cite Brassens sans sous-entendus, seulement parce que je l'aime bien et que chaque fois que j'entends Sevilla, je pense à cette chanson. A Séville, il y a aussi des manifestations et surtout celles des "ambiotólogos" dont je t'avais annnoncer la date pour ce mercredi 25 novembre. Tous les environnementalistes d'Andalousie réunis, encore plus de sifflets, de tambours, de cris hystériques... encore plus de mots qui me semblent vains parce que l'Espagne n'est pas riche, l'Andalousie encore moins, et que dans la bouche des Andalous ?politiciens et population confondus- le mot "environnement" n'est que balbutiement. Mêmes des touristes nous ont pris en photos, rendant cette  marche encore plus incongrue. On a fini sur la place en face des bâtiments administatifs de la Junta, au milieu de laquelle trônait un soldat de bronze ridiculement crotté de fientes de pigeons. Ont alors commencé les discours. Le grand soldat, le  bruit des pétards, la fumée et surtout la foule rendent audacieux les gens pleins d'idéaux, leurs réclamations s'éloignent du sujet et les mots s'enflamment d'héroïsme. Seul devant la foule, il doit soudain sentir une montée d'adrénaéline dans les veines, une première comparaison audacieuse avec Garcia Lorca et son discours est enclenché, "meurtrier", "démission", ... Je tourne les talons et m'enfuis découvrir quelques ruelles esseulées et sans préjugé.

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